Lucien LEGROS

« Mes parents chéris, mon frère chéri,

Je vais être fusillé à 11 heures, avec mes camarades. Nous allons mourir le sourire aux lèvres, car c’est pour le plus bel idéal. J’ai le sentiment, à cette heure, d’avoir vécu une vie complète.
Vous m’avez fait une jeunesse dorée; je meurs pour la France, donc je ne regrette rien. Je vous conjure de vivre pour les enfants de Jean. Reconstruisez une belle famille…
Jeudi, j’ai reçu un splendide colis ; j’ai mangé comme un roi. Pendant ces quatre mois, j’ai longuement médité : mon examen de conscience est positif, je suis en tous points satisfait.
Bonjour à tous les amis et à tous les parents.
Je vous serre une dernière fois sur mon cœur. »

Lettres lycée Buffon in La Résistance 1940-1945, Echo de la Résistance n° 100, 1964