Jean Mattéoli

« Après une réaction presque épidermique à la présence allemande, l'engagement dans une action plus précise et organisée a été pour beaucoup d'entre nous un phénomène de circonstance.

Connaissant les relations amicales que j'entretenais avec les filles du préfet de la Côte-d'Or, un garçon m'a demandé un jour si je ne pourrais pas obtenir des cartes d'identité pour des soldats anglais qui avaient fui devant l'invasion allemande, des prisonniers français qui désiraient passer en zone « libre », des familles anglaises qui ne voulaient pas être internées… tous ces gens voulaient passer la ligne de démarcation.

J'en ai parlé au préfet qui m'a répondu : « Je vous fais entrer à la préfecture à titre provisoire. Une fois dans la place, vous aurez les cachets de la préfecture. Vous pourrez faire vous-même les papiers quoi vous sont nécessaires ». Et il m'a remis quelques cartes d'identité vierges pour que nous puissions tout de suite opérer. Ce fut le début de mon engagement dans la Résistance. »

Jean Mattéoli in Jusqu'au bout de la résistance, FNDIR et UNADIF, Stock, 1997