Hélie de Saint-Marc

« Mon chef de réseau ne voulait pas me faire passer en Espagne. Il trouvait cela trop dangereux et il préférait m'utiliser en France. J'avais envie de me battre. Sur un coup de tête, en entendant parler d'une filière à Perpignan, j'ai foncé. Mon père m'a donné un peu d'argent. Je suis arrivé dans un café. Le mot de passe était « La Parole est à l'Évangile »… Nous étions une dizaine d'adolescents. J'ai hésité à rester. Et puis le passeur est arrivé. On est monté dans un camion bâché. Au bout de dix kilomètres, il s'est rangé sur un chemin de vigne où nous attendaient les Allemands. »

Hélie de Saint-Marc in Jusqu'au bout de la résistance, FNDIR et UNADIF, Stock, 1997