Médecine nazie et expérimentations

Le nazisme était fondé sur des théories raciales et antisémites, affirmant la supériorité de l'« Aryen », décrété de « pure race allemande », sur tout autre être humain. Ces théories reçurent la caution de scientifiques, professeurs et médecins allemands, acquis aux idées de Hitler. Des expérimentations sur diverses maladies, gaz de combat et « étude des races » furent pratiquées sur des déportés devenus cobayes dans plusieurs camps de concentration et d'extermination. 

Au KL-Natzweiler, plusieurs séries d'expériences « médicales » furent menées dans le cadre des travaux de la Reichsuniversität, l'université du Reich à Strasbourg, et de l'administration SS de recherche et d'enseignement sur l'Ahnenerbe (Héritage ancestral), créée en 1935 et rattachée à l'état major de Himmler à Berlin. Les principaux auteurs et coupables de ces expérimentations étaient : August Hirt, professeur d'anatomie de renommée internationale ; Otto Bickenbach, professeur de médecine, spécialiste des gaz de combat ; Eugen Haagen, virologiste, découvreur d'un vaccin contre le typhus qui lui valut d'être inscrit sur la liste des candidats au prix Nobel de médecine en 1936.

 

Hirt procèda à des expériences sur l'ypérite - gaz moutarde - et projetta de constituer une collection de squelettes à partir des corps des 86 Juifs déportés d'Auschwitz ; Bickenbach mena des expérimentations sur le gaz phosgène, et Haagen poursuivit ses travaux sur les effets du typhus.

Ces expérimentations ne participèrent pas au progrès de la science et de la médecine. Au contraire, ses applications pratiques, et notamment les conditions d'expérimentations débouchèrent sur la notion de crime contre l'humanité après la Seconde guerre mondiale.