Les procès des responsables

Dès 1945, les Alliés jugèrent les plus hauts responsables de l'Allemagne nazie à Nuremberg. Ils organisèrent ensuite des procès séparés pour les SS de chacun des camps principaux. Les responsables SS de Natzweiler, arrêtés ou en fuite, furent jugés au cours des procès de Wuppertal (1946), de Rastatt (1946-1954) et de Metz (1952-1954), mis à part Josef Kramer. 

Josef Kramer

Arrêté le 17 avril 1945, il fut jugé par la cour militaire britannique de Lunebourg au cours du procès de la garnison SS du camp de concentration de Bergen-Belsen qui s'ouvrit le 17 septembre 1945. Le 16 et 17 novembre 1945, les jugements furent prononcés : J. Kramer finit pendu à la prison de Hameln le 13 décembre 1945.

Wuppertal (Mai-Juin 1946)

En fin mai 1946, devant le Tribunal militaire de Wuppertal alors en zone d'occupation britannique, les responsables SS sont jugées. Ils sont accusés du meurtre de quatre femmes le 6 juillet 1944 au camp souche à Natzweiler.

Ces femmes étaient des agents du service secret britannique, Special Operations Executives (SOE), chargé de soutenir les mouvements de résistance dans les pays d'Europe occupés par l'Allemagne, puis les autres.

A l'issue du procès, Friedrich Hartjenstein, commandant du camp au moment des faits, est condamné à mort ; la décision n'est cependant pas définitive.

Werner Rhode, médécin SS du camp, est condamné à mort et pendu en octobre 1946. Magnus Wochner, ancien responsable de la Gestapo, est condamné à 10 ans de prison.

Procès de Rastatt (1946-1954)

Alors en zone d'occupation française en Allemagne, un tribunal militaire français à Rastatt juge notamment les deux derniers commandants du camp, Friedrich Hartjenstein et Heinrich Schwartz. Le verdict est prononcé le 1er février 1947. Les deux commandants du camp sont condamnés à mort, mais seule la peine de Heinrich Schwartz est immédiatement appliquée.

Friedrich Hartjenstein échappe une seconde fois à la condamnation à mort, lui qui était pourtant commandant du camp d'extermination d'Auschwitz II-Birkenau avant de s'occuper de l'évacuation du KL-Natzweiler.

Dix-neuf autres responsables SS sont condamnés à mort, dont Franz Ehrmanntraut, surnommé Fernandel par les détenus du camp souche, jugé uniquement pour son rôle au camp annexe de Bisingen.

Le procès des médecins nazis

 

Les professeurs de médecine nazis, Otto Bickenback et Eugen Haagen, qui ont réalisé des expériences sur des déportés au camp de Natzweiler-Struthof sont interrogés à Nuremberg dans le cadre du procès des médecins SS.

Le 21 août 1947, 16 médecins nazis y sont reconnus coupables. 7 sont condamnés à mort, dont les docteurs Brandt et Sievers, les supérieurs hiérarchiques des médecins du KL-Natzweiler, qui sont exécutés.

Bickenbach et Haagen sont alors emprisonnés en France. En 1952, le Tribunal militaire de Metz les condamnent aux travaux forcés à perpétuité. En 1954, le jugement est cassé. Le Tribunal militaire de Lyon transforme la peine en 20 ans de travaux forcés. Ils sont tous deux libérés en 1955 et retournent en Allemagne. Le professeur August Hirt, qui s'est suicidé en juin 1945, est condamné à mort par contumace.

Procès de Metz (1954)

 

Le 15 juin 1954 s'ouvre, devant le Tribunal militaire de Metz en France, le procès des responsables SS du camp de Natzweiler-Struthof, dont l'instruction a débuté en 1945. Ils sont jugés pour leurs crimes commis sur le sol français. Le 2 juillet 1954, le verdict est prononcé. Hartjenstein, ancien commandant, dont la condamnation à mort au procès de Rastatt n'a pas été appliqué, est à nouveau condamné à mort. Ehrmanntraut, rescapé de sa première condamnation et Fuchs, lui-aussi responsable de block, Nitsch, ancien responsable de l'organisation du travail, et Wolfgang Seuss, ancien commandant du camp de détention, sont tous condamnés à mort. Au soir du jugement, ils forment un pourvoi en cassation. Hartjenstein meurt en prison en octobre 1954.

En décembre 1954, un arrêt de la Cour de cassation annule le verdict du procès de Metz. Les accusés sont renvoyés devant le Tribunal militaire de Paris. Du 17 avril au 17 mai 1955 se tient à la caserne de Reuilly un nouveau procès. A l'issue de celui-ci, Ehrmanntraut, Fuchs et Seuss sont condamnés à mort. Par la suite, ils obtiennent des commutations, des réductions de peine, puis leur libération. Nitsch voit, par exemple, sa peine de mort commuée en 15 ans de travaux forcés.

Des procès plus récents

En 1970 s'ouvra devant la Cour d'assisses de Francfort-sur-le-Main le procès du médecin Bruno Beger. Ce dernier procéda à la sélection des Juifs qui furent gazés dans la chambre à gaz du KL-Natzweiler, afin « d'enrichir » la collection de squelettes « judéo-bolcheviques » du professeur Hirt. Il fut condamné à 3 ans de prison pour complicité de meurtre, mais ne fut finalement pas contraint à purger sa peine d'emprisonnement. 

De manière similaire, en 1984, le docteur Roël, collaborateur de Bickenbach et Haagen, fut acquitté à l'issue de son procès devant la Cour d'assises de Cologne.