Fiche d'information

Dates d’ouverture et de fermeture du camp :

9 août 1944 - 8 avril 1945

Descriptif du camp :

  • Situation : Land de Bade-Wurtemberg
  • Nom de code :
  • Baraquements :
  • Nombre de déportés :2 189
  • Nombre de décès : ›‍ 1 500

Historique :

La situation géographique de la carrière isolée et séparée de la vallée de la Enz permait d’ y construire un des six grands bunkers prévus par l’état-major des chasseurs aériens (Jägerstab), créé le 1er mars 1944 à Berlin. Sa fonction est, entre autre, de transférer des entreprises d’armement dans des bunkers souterrains. Sur un terrain de 80 000 m², des pièces d’avions doivent être fabriquées pour l’entreprise Messerschmitt.
Au mois d’avril, l’organisation Todt (OT) commence l’installation du chantier              « Stoffel » dans la carrière et les champs attenants. Parallèlement, des baraquements sont construits pour y entreposer le matériel et les outils, mais également pour y loger les travailleurs de l’OT de Egelsee et des travailleurs forcés de la vallée basse du Glattbach. Le 6 mai, l’accès au chantier et aux baraquements est interdit aux civils et les agriculteurs ne peuvent ’accéder à leurs champs qu’en présentant un laissez-passer.

Un camp de travail excentré appartenant au KL- Natzweiler  est construit dans la haute vallée du Glattbach où les prisonniers sont livrés à la règle de l'extermination par le travail. Sur un terrain de 80 x 180 m l’OT installe quatre baraques pour prisonniers, une pour les malades, une pour les sanitaires et une pour la cantine des prisonniers, le tout entouré d’un double fil de fer barbelé.

Friedrich Berlinghof est le commandant du camp, Wilhelm Lautenschlager le commandant du corps de garde à Vaihingen mais aussi de celui de Kochendorf, Hessental et Unterriexingen. Après la mutation, fin septembre, du commandant du camp Berlinghof à Gutenbach, Lautenschläger prend sa succession tout en restant commandant du corps de garde ce qui est un fait exceptionnel.

Le 9 août, 2 189 prisonniers du camp de concentration d’Auschwitz sont transférés à Vaihingen pour travailler sur le chantier « Stoffel ». Il s’agit exclusivement de juifs du camp de concentration de Radom en Pologne, évacués le 24 juillet, puis sélectionnés en arrivant à Auschwitz (« Judenrampe ») et déclarés aptes au travail. Le 11 août, 2 187 prisonniers arrivent à Vaihingen – deux d’entre eux étant décédés pendant le transport. Comme ils sont dans un état délabré, pleins de poux, ils sont d’abord transportés au camp de transition à Bietigheim pour y être lavés et débarrassés des parasites. Ensuite ils sont installés au camp de Vaihingen que les autochtones appellent  de façon ironique et faussement anodine « Le vallon des prés ». A la demande du maire, 24 prisonniers sont employés à la construction d’un abri antiaérien à Vaihingen dès le 7 septembre. Tous les jours, on les voit en ville aussi bien à Vaihingen qu’à Kleinglattbach où un autre groupe travaille à la ferme de la famille von Neurath.
( N.B :Vaihingen est la ville natale du ministre d’Hitler Konstantin Von Neurath).
 
Fin octobre, les travaux sur le chantier « Stoffel » sont arrêtés. Les Alliés ayant repéré le site, l’ont intensément bombardé. Le camp fut alors transformé en « camp de malades et convalescents » qui entre en fonction officiellement le 1er décembre. A cette époque, une autre baraque fut construite. A partir du 15 octobre, la plupart des prisonniers du camp de travail sont transférés à d’autres chantiers, ceux de Hessental, Dautmergen, Bisingen et Unterriexingen. Il reste à Vaihingen encore 178 prisonniers inaptes au travail, 200 autres travaillent au déblayement de la carrière. Le 10 novembre arrive le premier train de malades venant des camps du groupe « Wüste ». Parmi eux se trouvent des Russes, des Polonais, des Français, des Italiens, des Grecs, des Belges, des Hollandais, des Norvégiens, des Allemands – en tout des prisonniers de 20 nationalités différentes. Ils sont complètement abandonnés à leur sort, sans nourriture suffisante et sans chauffage dans les baraques. Le médecin allemand du camp se désintéresse totalement de leur état.

Même après l’arrivée de deux médecins supplémentaires de Neckarelz en janvier 1945, la situation ne s’améliore pas. Les médecins manquent cruellement d’équipement et de médicaments. Un transport de prisonniers venant de Haslach le 16 février déclenche une épidémie de fièvre typhoïde qui fait jusqu’à 33 morts par jour et transforme Vaihingen en un mouroir. Le dernier train avec 94 prisonniers de Mannheim-Sandhofen arrive à Vaihingen le 11 mars.
 
Début avril, l’évacuation du camp est ordonnée. Deux trains amènent ceux qui sont encore capables de marcher à Dachau où on compte 515 hommes. La libération du camp par les troupes françaises a lieu le 7 avril. Le médecin de l’armée française, le Dr. Rossi, avance le chiffre de 650 survivants restés au camp de Vaihingen et qui sont immédiatement transférés : le 9 et 10 avril, 73 prisonniers français, néerlandais et belges à Speyer et le 13 avril les Polonais, Russes et Allemands à Neuenbürg près de Bruchsal, où ils sont mis en quarantaine jusqu’au début juin.

126 anciens prisonniers dont l’état ne permet pas le transfert, sont admis à l’hôpital de Vaihingen, tout comme 60 autres prisonniers de Neuenburg. Jusqu’à la fin de l’année, 84 d’entre eux meurent et sont enterrés au cimetière de Vaihingen.

Pour éviter une épidémie, les baraques du camp sont brûlées immédiatement après leur évacuation le 16 avril.
 
La plupart des SS en charge du camp de Vaihingen sont arrêtés par les puissances d’occupation, puis emprisonnés et interrogés à Dachau. Le 22 novembre, les Américains extradent des gardiens SS vers la Pologne. Une année plus tard, ils sont traduits en justice à Radom. Le chef du « Arbeitseinsatz » Möller est condamné à mort à Lublin. En octobre et novembre 1947 a lieu devant le tribunal français à Rastatt le procès contre 42 anciens membres du corps de garde SS des camps de Vaihingen, Unterriexingen, Hessental et Kochendorf qui ont été sous le commandement de Lautenschlager. Dix accusés sont condamnés à mort, Lautenschlager aux travaux forcés à perpétuité et huit autres libérés.
 
Déjà en octobre 1945, la ville de Vaihingen devait aménager le cimetière du camp de concentration au-dessus de la fosse commune. Cependant, de mars à septembre 1954, les tombeaux furent ouverts par une commission française qui dégage au total 1 488 cadavres. 223 morts sont identifiés et transférés dans leur pays d’origine.

Les dépouilles des victimes non-identifiées sont inhumées au cimetière d’honneur créé entre 1956 et 1958. Peu après l’inauguration le 2 novembre 1958, apparaissent les premiers actes de vandalisme et des inscriptions ; d’autres profanations suivirent dans les années 1990, 2003 et 2005. Des voix de protestations s’élèvent, notamment lors des commémorations qui ont lieu régulièrement depuis 1970. Dans une cérémonie touchante, le gouvernement norvégien commémore en 2005 ses morts qu’une plaque rappelle aux visiteurs du cimetière du camp de Vaihingen.

Sources : gedenkstaette-vaihingen
 

 

Mémorial : Chemin de mémoire, plaques commémoratives.

 

Activités :

 

Lien – contact :   Gedenkstaette-vaihingen