Les différents aménagements architecturaux du Souvenir

La fosse aux cendres

Dès la fin de la guerre, la zone dans le bas du camp, dite « fosse aux cendres » est préservée. À l’origine il s’agit des fosses septiques des toilettes des baraques, mais lors de l’augmentation brutale de la mortalité, les SS y répandirent également les cendres des cadavres. Lorsque le camp est transformé en centre pénitencier, le bas du camp est séparé par un grillage. Une croix, ainsi qu’une stèle provisoire y sont élevées. Puis, dans le cadre du projet d’aménagement du camp en lieu de mémoire, Bertrand Monnet aménage la « fosse aux cendres », avec l’inscription « Honneur et Patrie, Ossa Humiliata », ainsi qu’un Mur du Souvenir destiné à recevoir des plaques commémoratives. Lors de la cérémonie du 23 juillet 1960, le général de Gaulle s’y incline devant celle portant l’inscription « Ici reposent les cendres de martyrs inconnus victimes des nazis, 1944 ». Par la suite, un certain nombre d’autres plaques sont apposées sur le Mur du Souvenir, qui devient le principal lieu de recueillement à l’intérieur de l’enceinte du camp.

La lanterne des morts

D’autre part, une lanterne des morts, allumée de jour comme de nuit, est inaugurée par le ministre Jean Sainteny, le 22 juillet 1964. Elle est située à l’emplacement des jardins potagers des SS, entre la villa Kommandantur et l’enceinte barbelée. Les cendres des déportés, provenant du four crématoire, étaient répandues sur les jardins pour y servir d'engrais.

La sablière

À la sablière, lieu d’exécution pour la Gestapo de Strasbourg, une plaque est installée en 1970 afin de remplacer le monument en bois qui y avait été élevé. Elle porte l’inscription « À la mémoire des résistants de toute nationalité et de 17 jeunes patriotes de Ballersdorf et environs (Haut-Rhin) exécutés ici par les nazis entre 1941 et 1944 ».

Le gisant

La Commission exécutive est à l'origine de la création d’une statue de bronze, réalisée par le sculpteur Georges Halbout, placée à l’entrée du camp en 1973. Le Gisant est inauguré par le ministre André Bord le 24 juin 1973, lors de la cérémonie annuelle, ainsi qu’une plaque dans la baraque crématoire à la mémoire des 35 membres du groupe mobile Alsace-Vosges* massacrés en même temps que les membres du réseau Alliance. Le Gisant représente le corps squelettique d’un déporté étendu au sol. Une réplique de ce gisant a été installée au cimetière du Père Lachaise à Paris au centre du monument de Natzweiler-Struthof, inauguré le 20 novembre 2004.

*Pour en savoir plus sur le GMAV et sur la déportation massive des habitants de la haute vallée du Rabodeau voir le site internet de Monsieur Gérard Villemin.

La plaque en hommage aux 4 femmes du SOE

Le 22 juin 1975, Jacques Chirac, Premier Ministre de la République française se rend au Struthof à l’occasion du 30ème anniversaire de la Libération des camps. Il y dévoile la plaque à côté du four crématoire, en hommage aux 4 femmes du SOE exécutées dans le camp dans la nuit du 6 juillet 1944.

La Croix de Lorraine, hommage à la déportation NN

Le 24 juin 1979, Maurice Plantier, Secrétaire d’État chargé des Anciens Combattants et Victimes de Guerre inaugure un monument à la mémoire de la déportation NN. Celui-ci a la forme d’une stèle surmontée d’une Croix de Lorraine, placée dans le bas de camp, au centre de la première plateforme qui abritait auparavant les baraques de déportés. Elle porte la mention « À la gloire des résistants français exécutés ou disparus dans les prisons nazies ».

La Place du Général Delestraint

Le 22 juin 1985 : Jean Laurain, Secrétaire d’État chargé des Anciens Combattants et Victimes de Guerre inaugure la Place du Général Delestraint, à l’occasion du 40ème anniversaire de la libération des camps.