Raymond OLFF, Résistant

Les textes sont sous la responsabilité de leurs auteurs respectifs.
Ils traduisent des points de vue personnels et divers.

J'ai appartenu à ce qui a été appelé " la Résistance intérieure", de 1942 à la Libération en 1945.

Après avoir quitté l'Alsace avec ma famille d'origine juive, le 14 Juin 1940, j'ai résidé en zone occupée jusqu'en mars 1942.

Aussitôt après mon arrivée en Zone Sud, j'ai recherché le contact  avec la Résistance.  Jusqu'au 6 Juin 1944 j'ai fait partie, sous le nom d'ALAIN -matricule 76297- de la 3e Compagnie de Ville de l'organisation des Francs Tireurs et Partisans de St-Etienne.
Mon activité consistait à éditer et à distribuer des tracts, à coller des affiches, notamment à recouvrir la fameuse Affiche Rouge, avec les photos des membres du groupe Manouchian, à collecter de l'argent et des tickets d'alimentation, à confectionner de fausses cartes d'identité.

Le 6 juin 44, jour du débarquement, j'ai rejoint le maquis à Montfaucon en Haute-Loire, où j'ai été nommé chef de détachement de la Compagnie 7106 FTP. Par la suite je fus nommé Commissaire aux Effectifs (CE) de ma compagnie, puis CE de bataillon. En août j'ai fait fonction de CE de la région Ardèche.

Par la suite, j'ai séjourné, avec mon unité, en Ardèche, à Vernoux, à St-Félicien, enfin à Tournon-sur-Rhône. 
Pour moi la lutte contre l'occupant était la continuation d'une activité militante, à laquelle je m'étais voué depuis l'âge de 14  ans.
En 1936, année du Front Populaire, j'ai milité contre le fascisme. Avec mes camarades des Jeunesses Socialistes, dont j'étais le secrétaire, et en collaboration étroite avec un jeune militant communiste, René BIRR, - exécuté à la hache en 1943-, je manifestais en faveur de l'Espagne Républicaine, puis contre l'accord de Munich, qui laissait les mains libres à Hitler,
J'ai considéré que, mon pays étant asservi à son tour, il s'agissait de le libérer par la lutte armée, et non plus seulement par l'action politique.

Au cours de cette période, ayant été chargé  de préparer la récupération d’un stock de mitraillettes à St Etienne,  j'ai été arrêté par la Milice, mais j'ai eu la chance d'être relâché, grâce à mon alibi d'étudiant.

Ayant gagné deux galons, je fus appelé à créer, organiser et diriger un Camp d'Instruction à St Félicien.
J'y ai mis sur pied trois compagnies, composées en partie de soldats polonais.
A Vernoux, j'ai crée un hôpital, qui desservait le maquis de toute la région.

En novembre, j'ai été muté à Lyon, et incorporé au 1er Régiment du Rhône.
Début décembre, j’ai été nommé «Officier de Liaison, chargé de regrouper les militaires alsaciens de la région lyonnaise, pour les amener sur le front en Alsace".

Je me suis consacré à cette mission, et le 21décembre 1944 j'ai donné le signal du départ à mes compagnons.
Nous occupions trois wagons et après un voyage plein de péripéties, nous sommes arrivés à Nancy, où nous avons été incorporés au Bataillon de Marche 2/10 "Alsace".

Notre but, étant de rejoindre la 1ère armée qui se battait le long du Rhin, nous nous sommes mis en route vers Strasbourg. Notre stupéfaction fut grande lorsque nous avons croisé une file ininterrompue de véhicules américains, se déplaçant en sens inverse du nôtre !
C'était le repli américain, devant la contre-offensive von Rundstedt.
En arrivant place de la gare à Strasbourg, mes camarades et moi fûmes accueillis par des vivats et portés en triomphe.
L'épopée de la Résistance se terminait, et une autre étape de ma vie commençait.
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65 ans après les années de la Résistance, où avec mes camarades j’ai combattu l’Allemagne nazie, une Allemagne nouvelle est née.
Avec elle, les anciens Résistants, sans oublier le passé, continueront à participer à la consolidation d’une Europe qui mettra ses enfants et ses petits-enfants à l’abri des horreurs qu’ils ont vécu.

Raymond OLFF
Résistant.
Président du Comité régional d’Alsace de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance.